Les chroniques d'Esméralda

4. Une triste nouvelle


Godmanchester, vendredi 11 juillet 2003


Vous aviez hâte qu'il pleuve, me dites-vous, pour avoir la suite de l'histoire? Eh bien voilà, et c'est bien tant pis pour vous !


Surtout que les nouvelles sont bien tristes. Mercredi matin, lorsque je suis allé ouvrir le portillon de la cour d'Esméralda et lui porter sa ration de grains et d'eau fraîche, j'ai trouvé un foetus de chevreau à terre et mon Esméralda bien en peine, forçant pour expulser l'autre. De toute évidence, les petits chevreaux étaient morts depuis quelques jours. La chèvre était d'ailleurs maussade, depuis une semaine elle mangeait à peine et ne buvait presque pas, et je trouvais qu'elle n'avait guère l'allure d'une mère grosse de deux petits. On ne sentait aucun mouvement et on n'entendait pas de battements de coeurs dans ses flancs (France avait apporté son stéthoscope).

Marie-Hélène, qui a déjà rêvé de devenir vétérinaire mais qui caresse maintenant de plus hautes ambitions, nous a expertement aidés à prendre soin de la pauvre bête. Mais rassurez-vous, ce matin la chèvre avait retrouvé son entrain et son appétit, et ce sera partie remise, sans doute pour le printemps prochain. Faut reconnaître qu'elle était bien jeune. La cause de cet avortement? Il paraît qu'elles peuvent être multiples: choc mécanique, stress, infections diverses, moulée avariée, malformation du foetus, que sait-on? et que c'est assez fréquent chez les chèvres.

C'est sûr qu'Esméralda s'ennuyait, sauf lorsque nous plantions son piquet tout près de nous pour lui tenir compagnie. Il faut donc lui trouver des amis. Nous comptions sur ses chevreaux, mais ça ne sera donc pas la solution à court terme. Nous avons une vue sur un agneau et une brebis chez un éleveur du voisinage, et ceux-ci viendront sans doute bientôt grossir notre arche de Noé.

Je suis aussi dans le magasinage intensif d'une clôture électrique mobile, qui nous permettra de parquer tout se beau monde en leur faisant faire la rotation de nos "pâturages": en arrière de la maison, entre les arbres du verger, devant et derrière la grange de Hugh McColm, tous espaces généreusement garnis de grandes herbes appétissantes et jusqu'à présent inutiles. Ceci rejoindra d'ailleurs notre objectif premier d'apprentis éleveurs - chevriers - bergers: disposer à bon compte d'une tondeuse à gazon automatique, qui par surcroît fournit un engrais de première qualité pour la repousse de la pelouse, sans compter, à plus long terme, le gigot et les côtelettes.

Nous avons aussi déniché une gardienne pour s'occuper des bêtes et ramasser les oeufs deux fois par jour, lorsque nous passons une journée en touristes à Montréal, en la personne de notre petite voisine Jessica qui est toute enthousiaste de sa nouvelle (première?) job.

Bon ça y est, il faut que j'aille me coucher pour être en forme demain: c'est le premier anniversaire de Laurence, alias Lolo, et c'est ce qui motive notre présence en ville pour cette fois.

Suite donc au prochain numéro, puisque j'y prends goût, et quelques-uns d'entre vous également.

¡ Hasta luego !

François.

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François Belpaire,
artiste peintre, graveur
, auteur
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